Prévention santé

L’endométriose, zoom sur cette maladie encore mal connue


Publié le 24 mars 2025

En France, 1 femme sur 10 en âge de procréer est touchée par l’endométriose, soit environ 2 millions d’individus.

Cette maladie est souvent source de douleurs chroniques et d’infertilité. Pourtant, le manque de recherches sur ce sujet entraîne un retard du diagnostic quasi systématique, d’une durée moyenne de 7 ans.

Face à ce constat, le Ministère de la Santé a lancé en 2022 une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Celle-ci se décline en 3 axes :

  • Favoriser la recherche sur cette maladie ;
  • Diversifier l’offre de soin pour les femmes atteintes d’endométriose ou en attente d’un diagnostic ;
  • Renforcer la sensibilisation à l’endométriose auprès des professionnels de santé et du grand public.

Dans cette perspective, focalisons-nous sur cette pathologie encore peu connue.

L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire et chronique. Elle se caractérise par la présence, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus, appelée endomètre.

Source : Pôle Prévention Santé – Mutuelle Complémentaire

En temps normal : après l’ovulation, la muqueuse utérine s’épaissit pour se préparer à une éventuelle fécondation d’un ovule par un spermatozoïde. En l’absence de fécondation, les règles surviennent et la muqueuse utérine est éliminée.

En cas d’endométriose : certaines cellules de la muqueuse utérine (endomètre) migrent en dehors de l’utérus et se déposent sur d’autres organes de l’abdomen.

Ces autres organes peuvent être :

  • Les ovaires ;
  • Les trompes utérines ;
  • Les ligaments utérins ;
  • Les organes digestifs : intestin, côlon et/ou rectum ;
  • Plus rarement : la vessie.

Ce phénomène provoque une réaction inflammatoire et la formation de lésions et de cicatrices. 

L’endométriose est une maladie dont les symptômes varient fortement d’une personne à l’autre. Les règles douloureuses (ou dysménorrhées) sont le principal symptôme et le plus précoce.

En dehors du cycle menstruel, l’endométriose peut également générer :

  • Des douleurs chroniques invalidantes, particulièrement au niveau du pelvis ;
  • Des douleurs pendant les rapports sexuels, appelées dyspareunies ;
  • Une fatigue chronique ;
  • Des troubles de la fertilité ;
  • Des troubles urinaires, soit des difficultés pour vider la vessie, une envie fréquente d’uriner ou la présence de sang dans les urines ;
  • Des troubles digestifs, soit des diarrhées, constipations, ballonnements ou la présence de sang dans les selles.

Certaines femmes atteintes d’endométriose peuvent également être asymptomatiques, rendant le diagnostic souvent long et complexe.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé, l’échographie pelvienne est l’examen de 1ère intention pour le diagnostic de l’endométriose.

En 2ème intention, c’est l’IRM qui est proposé. Pour plus de précision et une meilleure compréhension, ces examens d’imagerie doivent être réalisés par des radiologues formés à cette pathologie particulière qu’est l’endométriose

Lorsque les lésions sont superficielles ou minimes, l’imagerie peut être non concluante ou négative.


Bon à savoir : L’endotest, une solution au dépistage précoce de l’endométriose ?

Depuis 2024, un test salivaire pour détecter l’endométriose, l’Endotest®, est désormais pris en charge par la Sécurité sociale, dans le cadre du forfait innovation. Les résultats cliniques de ce test ont montré une fiabilité supérieure à 95 %. Non-invasif, il fournit des résultats en une dizaine de jours.

Pour bénéficier de ce test, les patientes, âgées de 18 ans et plus, doivent se rendre dans l’un des 80 hôpitaux français participants à l’étude. Découvrez la liste des établissements de santé pour lesquels l’Assurance Maladie prend en charge le forfait.


À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif pour guérir de l’endométriose.

Les options thérapeutiques se limitent principalement à la gestion des douleurs. Pour cela, les patientes peuvent recourir à :

  • Des médicaments : antalgiques, anti-inflammatoires ;
  • Des traitements hormonaux : pilule contraceptive ;
  • Un traitement chirurgical.

Il existe également de nombreuses techniques complémentaires pour aider les femmes à gérer les douleurs au quotidien.

Parmi ces techniques, on retrouve le yoga, la relaxation, l’ostéopathie, l’acupuncture, la sophrologie, l’hypnose et la kinésithérapie.


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Quelle que soit la technique choisie, il est important d’être accompagné par un professionnel.

Dans de nombreuses pathologies, l’alimentation joue un rôle majeur. Même si les études sont encore relativement récentes, il est possible d’analyser le lien entre la consommation de certains aliments et des effets bénéfiques sur les symptômes de l’endométriose.

Afin de limiter les symptômes, une alimentation adaptée peut être privilégiée. 

  • Les régimes méditerranéens : 

Une alimentation riche en fruits et légumes, en poissons gras et en huiles riches en oméga 6 (type huile d’olive) réduirait les douleurs endométriales (Source : Ott et al., 2012).

Ces aliments étant considérés comme anti-inflammatoires, ils seraient bénéfiques pour les affections gynécologiques chroniques. 

  • Les produits laitiers : 

Les produits laitiers sont une source importante de vitamine D qui pourraient réduire les risques de développer l’endométriose (Source : Harris et al., 2013).

Ces derniers ne permettent pas d’agir directement sur les symptômes liés à la maladie, mais davantage de prévenir son apparition. 

  • Les vitamines et antioxydants : 

Les femmes atteintes d’endométriose ont souvent un stress oxydatif élevé. Cela signifie qu’elles ont un déséquilibre entre la production de radicaux libres et la quantité d’antioxydants utilisables par l’organisme.

Les radicaux libres sont des molécules pouvant agresser les cellules du corps et entraîner un vieillissement prématuré. Les antioxydants sont des substances qui aident à protéger les cellules contre les dommages causés par les radicaux libres.

Les vitamines A, C, D et E sont de puissants antioxydants pouvant contribuer à la diminution des douleurs inflammatoires (Source : Mier-Cabrera et al., 2007). 


Bon à savoir : Adopter une alimentation variée, la clé pour faire le plein de vitamines

  • La vitamine A se trouve principalement dans les fruits et légumes orange (mangue, potiron…) et les légumes verts (choux, épinards…) ainsi que dans le foie et l’huile de poisson. 
  • La vitamine C est présente dans les fruits et légumes crus (agrumes, poivrons, kiwi…).
  • La vitamine D se trouve dans les poissons gras (saumon, hareng…) et les produits laitiers non allégés. On retrouve la vitamine E dans les huiles (olive, noix) et dans les fruits oléagineux (cacahuètes, noisettes…).

  • Les oméga 3 : 

Les oméga 3, anti-inflammatoires reconnus, peuvent réduire l’inflammation responsable des douleurs endométriales.

On les retrouve dans les noix, l’huile de colza, les graines de lin et les poissons gras : le saumon, le thon, le maquereau…

Une consommation suffisante réduirait de 82% le développement de l’endométriose (Source : Hopeman et al., 2015). 

Pour atteindre une consommation suffisante d’oméga 3, les conseils nutritionnels sont :

  • De consommer 2 poissons gras par semaine ;
  • D’utiliser et varier les huiles végétales (colza, noix…)

À l’inverse, d’autres aliments sont à éviter afin d’améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’endométriose

  • La viande rouge : 

Dans un objectif de diminution des symptômes, une vigilance doit être apportée à la consommation de viande rouge.

Une consommation de plus de 7 portions de viande rouge par semaine augmente les risques de développer une endométriose ou d’en accroître les symptômes (Source : Parazzini et al., 2004). Il est recommandé de ne pas dépasser 500g de viande rouge et 150g de charcuterie par semaine. 

  • Les acides gras trans : 

Les acides gras trans sont principalement issus de l’alimentation transformée ou ultra-transformée. Une consommation quotidienne et régulière de ces aliments serait responsable d’une augmentation du risque de survenue de l’endométriose (Source : Ubaldo. 2019). 

  • L’alcool : 

Toute consommation d’alcool est néfaste pour la santé. Concernant l’endométriose, il a été démontré qu’une consommation d’alcool constitue un facteur de risque aggravant de développer la maladie (Source : Matalliotakis et al., 2008). 


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Ce qu’il faut retenir :

L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique complexe affectant 1 femme sur 10 en âge de procréer. Malgré les progrès de la médecine sur le sujet, le délai de diagnostic reste très long et les traitements médicaux, peu efficaces. 

Les symptômes de cette maladie varient fortement d’une personne à l’autre. Des règles douloureuses, des douleurs chroniques ainsi que des troubles de la fertilité restent les signes principaux. C’est pourquoi il est important d’aller consulter un professionnel de santé en cas de doutes.

Pour la gestion de la douleur, il existe des alternatives non médicamenteuses comme la sophrologie, le yoga, l’ostéopathie… En ce qui concerne l’alimentation, les études sont encore récentes pour prouver de réels liens de cause à effet sur l’évolution de l’endométriose. Néanmoins beaucoup de personnes ont intégré ces différentes alternatives dans leur quotidien et constatent des bienfaits tant au niveau physique que psychique. 

Quelle que soit la technique choisie, il est important d’être accompagné par un ou des professionnel(s) de santé.


Liens utiles :

  • Endofrance, association française de lutte contre l’endométriose 
  • Endotest, arrêté du 6 février 2025 relatif à la prise en charge du dispositif médical

Sources :

Endofrance ; Anses ; Service-Public.fr ; Sante.gouv.fr

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Notes d’information, mentions légales

[1] A. Grapinet. 2023. L’ impact de l’alimentation sur l’endométriose : une revue de la littérature. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04579296v1/file/GRAPINET_Axelle_Medecine_2023.pdf

[2] Ott et al. 2012. Endometriosis and nutrition – recommending a mediterranean diet decreases endometriosis – associated pain: an experimental observational study. https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://www.jarlife.net/download.html%3Ftype%3Dpdf%26id%3D74&ved=2ahUKEwi6p5b-sLGLAxXvVaQEHZz9EHsQFnoECA8QAQ&usg=AOvVaw39cOjTMKQeyg5xnvcKXm8p

[3] Harris et al. 2013. Dairy-food, calcium, magnesium, and vitamin D intake and endometriosis: a prospective cohort study. 10.1093/aje/kws247 

[4] Mier-Cabrera et al. 2007. Women with endometriosis improved their peripheral antioxidant markers after the application of a high antioxidant diet. 10.1186/1477-7827-7-54

[5] Hopeman et al. 2015. Serum Polyunsaturated Fatty Acids and Endometriosis. 10.1177/1933719114565030

[6] Parazzini et al. 2004. Selected food intake and risk of endometriosis. 10.1093/humrep/deh395

[7] ANSES. 2012. https://www.anses.fr/fr/content/les-acides-gras-trans

[8] Matalliotakis. 2008. Epidemiological characteristics in women with and without endometriosis in the Yale series. 10.1007/s00404-007-0479-1