Mars Bleu : tout savoir sur le dépistage et la prévention du cancer colorectal
Publié le 1 mars 2025

En 2009, le ministère de la Santé et l’Institut national du cancer (INCa) lançaient une première campagne Mars Bleu dédiée à la prévention et au dépistage du cancer colorectal en France. Depuis, le mois de mars est devenu un symbole de mobilisation pour la prévention du cancer colorectal, au même titre qu’Octobre Rose l’est pour le cancer du sein.
Cette initiative est l’occasion de rappeler l’importance du dépistage précoce, afin de sauver des vies et de réduire l’impact de cette maladie sur la société. La Mutuelle Complémentaire des Agents Publics confirme son engagement dans la prévention santé en mettant en lumière l’enjeu crucial du dépistage.
Mars Bleu, le mois du cancer colorectal
Dans 9 cas sur 10, le cancer colorectal est guéri s’il est diagnostiqué à un stade précoce.
C’est pourquoi la prévention et le dépistage jouent un rôle essentiel dans la lutte contre cette maladie. À travers cet article, nous vous apportons les informations clés à connaître sur le cancer colorectal, ainsi que les moyens concrets de passer à l’action pour votre santé.
Le cancer colorectal en chiffres
Touchant chaque année plus de 47 000 personnes en France (dont environ 26 000 hommes et 21 000 femmes), le cancer colorectal ou cancer du côlon-rectum est l’un des plus meurtriers. Il est responsable de plus de 17 000 décès chaque année.
- 3ème cancer le plus fréquent chez l’homme après ceux de la prostate et du poumon ;
- 2ème cancer le plus fréquent chez la femme après celui du sein ;
- Plus de 17 000 décès chaque année, en France.
Entre 2020 et 2021, près de 35% de la population a réalisé un test de dépistage du cancer colorectal. Bien qu’en hausse, ce chiffre reste insuffisant.
Pourtant, dans 9 cas sur 10, le cancer colorectal est guéri s’il est diagnostiqué à un stade précoce. Il est donc capital d’effectuer un dépistage régulier à partir de 50 ans.
Cancer colorectal : quels symptômes doivent alerter ?
Les symptômes associés au cancer colorectal sont assez généraux et peuvent s’assimiler à plusieurs pathologies. Il est donc essentiel de consulter un spécialiste ou d’en parler lors d’un rendez-vous avec son médecin généraliste pour toute question.
On observe 3 catégories de symptômes : des troubles du transit intestinal, la présence de sang dans les selles, et d’autres plus généraux.
Troubles du transit intestinal : l’apparition d’un cancer colorectal peut perturber le transit.
On peut observer :
- La présence ou l’aggravation des constipations ;
- Des diarrhées récurrentes ;
- Une alternance de constipations et de diarrhées ;
- Des vomissements, nausées, et la nécessité d’aller à la selle ;
- Des douleurs lors de l’expulsion des selles ;
- Une modification des selles et de la sensation lors de l’évacuation.
Du sang dans les selles : que ce soit dans l’urine ou dans les selles, la présence de sang doit être un signe d’alerte pour vous encourager à consulter un médecin.
Les selles ne sont pas nécessairement rouges pour présenter une trace de sang. La couleur anormalement noire peut aussi être le signe d’une présence de sang digéré.
Des symptôme plus généraux : sans la présence de sang ou de troubles intestinaux, d’autres symptômes plus généraux sont observés :
- Une perte de poids rapide et sans explication ;
- Des douleurs abdominales récurrentes ;
- Une anémie résultant de saignements digestifs ;
- Une fatigue importante ;
- De la fièvre pendant plusieurs jours successifs.
Bon à savoir :
L’anémie désigne la diminution des globules rouges dans le sang (hémoglobines), provoquant un état de fatigue important.
Cancer colorectal : des facteurs de risques individuels
- L’âge
L’âge constitue un facteur clé dans le développement du cancer colorectal. Avant 40 ans, les cas sont rares, mais le risque augmente à partir de 50 ans. 94% des cancers colorectaux apparaissent chez les quinquagénaires.
- Le sexe
Le cancer colorectal touche davantage d’hommes que de femmes. Durant l’année 2023, sur les 47 582 nouveaux cas de cancers colorectal, 55% des diagnostics concernaient les hommes contre 35% des femmes.
- Le tabac
Une corrélation a été établie entre le fait de fumer et l’apparition d’un cancer colorectal. C’est également le cas pour les produits dérivés du tabac, tels que la chicha, le snuss ou le tabac à chiquer.
- La génétique et les antécédents familiaux
Il existe un lien génétique dans deux formes de cancers colorectaux, mais ces derniers représentent moins de 5% de la part totale des cancers.
Les antécédents familiaux ont aussi leur rôle : le risque est croissant si un parent du premier degré (mère, père, enfant, sœur/frère) a développé un cancer colorectal avant l’âge de 60 ans.
- L’exposition professionnelle à l’amiante
Plusieurs études ont démontré l’existence d’un lien entre une exposition supérieure à 25 ans à l’amiante et la survenue d’un cancer colorectal.
Cancer colorectal : des facteurs de risques individuels
- L’alcool
Une consommation d’alcool est à risque pour tous les types de cancers, y compris pour le cancer colorectal. Les études se basent sur une consommation supérieure à 3 verres par jours. Cependant, toute consommation quotidienne peut avoir des effets néfastes sur le corps.
- La consommation de viande rouge ou de charcuterie
Une consommation excessive de viande rouge (plus de 500g par semaine) et de charcuterie (plus de 150g par semaine) entraine une augmentation du risque de développer un cancer colorectal. En France, un quart de la population générale dépasse ces recommandations.
- Le surpoids et l’obésité
Plusieurs études ont démontré un lien entre surpoids, obésité et cancer colorectal. En effet, le risque de développer un ce type de cancer augmente de 41% pour les personnes en situation d’obésité.
- La sédentarité
Le manque d’activité physique constitue à lui seul un risque de développer un cancer colorectal, avec une prévalence plus importante pour le cancer du côlon.
Les mesures hygiéno-diététique en prévention des cancers colorectaux
Adopter une alimentation riche en fibres
L’étude EPIC a confirmé, en 2021, le lien protecteur entre une alimentation riche en fibres et les cancers colorectaux.
Par alimentation riche en fibres, on entend :
- Consommation de 5 portions de fruits et légumes par jour (1 portion = 80 à 100g) ;
- Consommation de céréales complètes ou semi-complètes tous les jours ;
- Consommation régulière de légumineuses (pois-chiche, lentilles, etc.) : 2 fois par semaine.
Consommer des produits laitiers
Contrairement à ce qui circule sur internet, les produits laitiers sont indispensables pour notre organisme. Il ne faut cependant pas en abuser. Pour un adulte, il est conseillé de consommer 2 produits laitiers par jour.
Ils sont riches en vitamine D, qui aurait un effet protecteur sur le côlon d’après l’étude EPIC (2021).
Limiter sa consommation de viande rouge et de charcuterie
Il est conseillé de ne pas consommer plus de 500g de viande rouge (soit 5 steaks hachés de 100g) et 150g de charcuterie par semaine (soit 4 à 5 tranches de jambon).
Limiter sa consommation d’alcool et de tabac
Pour réduire le risque de développer un cancer colorectal, l’idéal est de ne pas consommer d’alcool.
Le cas échéant, des repères de consommation ont été proposés par Santé Publique France. En bref, moins on consomme d’alcool, plus le risque de développer un cancer est réduit.
Le tabagisme est un facteur de risque dans le développement d’un cancer colorectal. Pour se préserver, l’objectif est donc de tendre vers un arrêt définitif du tabac.
Lutter contre la sédentarité
Pratiquer une activité physique régulière (30 minutes par jour) peut réduire le risque de cancer colorectal. La sédentarité étant un facteur de risque, augmenter son activité devient naturellement un facteur protecteur ! Cela peut aussi passer par plus de temps passé debout, en variant les positions et en préférant la marche et les pauses fréquentes.
Bon à savoir :
Pour accompagner ses adhérents dans une démarche de prévention active, La Mutuelle Complémentaire s’est associée à Dépist&vous, une plateforme innovante dédiée au dépistage des cancers. Grâce à un parcours personnalisé et pédagogique, Dépist&vous vous aide à identifier votre profil de risque et vous rappelle quand et comment réaliser vos examens. Connectez-vous dès maintenant et faîtes le point sur votre santé en quelques clics !
Le dépistage du cancer colorectal : un test simple, gratuit et efficace
À partir de 50 ans, les Français reçoivent par courrier une invitation à participer au dépistage organisé du cancer colorectal, accompagné d’un kit.
Que contient le kit de dépistage ?
Ce kit de dépistage se compose de :
- Le mode d’emploi ;
- La fiche d’identification ;
- Le tube de prélèvement ;
- L’enveloppe de retour.
L’âge étant un facteur de risque majeur, il est important de répéter le test de dépistage tous les 2 ans.
En quoi consiste le test de dépistage du cancer colorectal ?
Le test de dépistage du cancer colorectal repose sur la détection dans les selles de sang non visible à l’œil nu grâce à l’utilisation d’anticorps. Les anticorps sont des substances de défense produites par certains globules blancs en réaction à une substance étrangère présente dans le corps.

Source : Pôle Prévention Santé – Mutuelle Complémentaire
Comment interpréter les résultats du test de dépistage du cancer colorectal ?
- Votre test est négatif (96% des cas) : Votre test ne révèle rien d’anormal dans les selles. Aucune démarche supplémentaire n’est à effectuer. Vous recevrez une nouvelle invitation dans 2 ans. En cas d’apparition de symptômes, il est recommandé de consulter un médecin.
- Votre test est positif (4% des cas) : Votre test a révélé du sang dans les selles. Néanmoins, cela ne signifie pas que vous avez un cancer. Votre médecin vous redirige chez un gastro-entérologue afin d’effectuer des examens complémentaires pour trouver l’origine du saignement.
Si je ne le reçois pas, où puis-je trouver mon kit de dépistage du cancer colorectal ?
Depuis la mise en place de nouvelles modalité de délivrance en 2022, se faire dépister contre le cancer colorectal n’a jamais été aussi simple !
Vous pouvez trouver ce test :
- Chez votre médecin (généraliste, gynécologue, gastroentérologue), avec ou sans invitation ;
- Dans les pharmacies, avec ou sans invitation ;
- Sur le site dédié en cliquant ici, uniquement avec une invitation.
Ce qu’il faut retenir :
La Mutuelle Complémentaire des Agents Publics soutient ses adhérents dans leur parcours de santé. Le mois de mars est l’occasion idéale de rappeler l’importance du dépistage, en particulier pour le cancer colorectal, et d’encourager chacun à passer à l’action.
Le dépistage du cancer colorectal est un acte préventif qui peut sauver des vies. Cependant, les statistiques montrent que trop peu de personnes participent aux dépistages, souvent par méconnaissance des enjeux qui en découlent.
Un test peut sauver une vie : le dépistage du cancer colorectal est simple, efficace et gratuit, alors n’attendez plus !
Sources :
Institut National du Cancer (INCA) ; Santé Publique France ; Assurance Maladie ; Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard ; Étude EPIC
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